SUISSE : «Les Suisses réalisent que la réponse militaire n'est pas la bonne»
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Stefan Luzi, du GSsA, estime que le contexte d'après-11 septembre ne nuit pas forcément à l'initiative pour la suppression de l'armée.
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A quelques semaines de la votation du 2 décembre, plus de 160 députés bourgeois réunis en un comité contre les initiatives du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) présentaient leurs arguments jeudi à Berne. Le contexte de l'après-11 septembre, les craintes suscitées par la menace terroriste sous toutes ses formes, leur ont fourni des arguments supplémentaires à opposer aux deux projets, dont l'un demande l'abolition de l'armée, l'autre la création d'un service civil volontaire pour la paix. Tandis que cette deuxième proposition est jugée «superflue», Ursula Haller (UDC/BE) considère la suppression de la force militaire suisse comme «irresponsable». «Nous devrions plutôt réfléchir aux moyens d'adapter notre armée à la nouvelle donne politique, comme la menace terroriste», dit-elle. Loin de trouver leurs projets déplacés dans le contexte actuel de crise mondiale, les membres du GSsA affirment au contraire que celui-ci pourrait avoir des conséquences favorables pour les idées antimilitaristes. Interview de Stefan Luzi, l'un des représentants du GSsA.
Le Temps: Compte tenu des craintes suscitées par la crise mondiale, ne vaudrait-il pas mieux retirer vos initiatives? Stefan Luzi: Au contraire. Les gens se sont mis à réfléchir suite aux attentats. A ce qu'il faut faire pour ne pas continuer l'escalade, aux raisons pour lesquelles certains conflits s'éternisent, en Palestine, en Irak. Ils pensent en termes de justice sociale, d'environnement. Ils réalisent que la réponse militaire n'est pas la bonne. Et qu'à l'inverse, un service pour la paix pourrait offrir une chance de s'attaquer aux vrais problèmes. Ne pensez-vous pas que la peur prend le dessus sur la réflexion? Pour certains bien sûr. Il est d'ailleurs difficile de savoir quel sera le résultat de la votation. Les gens sont plus réceptifs qu'en temps normal aux réponses faciles que certains leur proposent, censées garantir leur sécurité. Mais tout de même, beaucoup de Suisses sont prêts à pousser plus loin la réflexion. Et que pourrait une Suisse sans armée, si la menace terroriste l'atteignait? La question est difficile. Mais les Etats-Unis, qui ont la plus grande armée du monde, sont restés impuissants devant le terrorisme. Il ne suffit pas de policiers et de soldats pour y faire face: c'est la solidarité et non la force militaire qui fait la sécurité. En somme, il n'y a rien à faire contre le terrorisme, si ce n'est agir sur ses fondements? Si. Il faut le punir. Les auteurs de tels crimes doivent être conduits devant la justice. Mais cela doit se passer dans le cadre des institutions mondiales. Une coalition internationale contre le terrorisme aurait un sens si elle s'était réalisée dans le cadre de la Charte de l'ONU ou du Tribunal des droits de l'homme, plutôt que sous la direction des Etats-Unis. |